Faire n’importe quoi n’importe quand n’importe où (mais pas avec n’importe qui) est décidément une bien belle façon de passer ses vacances d’été.
Fotofotofoto.

La belle Purdey Demille m’a gentiment revendu son ancien réflex numérique (un olympus E-500), un nouveau bijou dans ma collection, avec lequel je vais passer beaucoup de bon temps. Ma collection d’appareils photo s’agrandit sans cesse -pour mon plus grand bonheur, même si je ne possède toujours pas LA pièce dont je rêve depuis un bout de temps. Mais ca viendra, quand j’aurais trouvé un boulot (sisi, j’y crois) par exemple, puisque je me suis récemment inscrite sur pôle-emploi.fr (c’est fou comme ca fait rêver).
Vor dem Gewitter.
Nous rentrions du match, mon coloc, un pote et moi, quand nous sommes tombés nez à nez avec un charmant monsieur qui sortait des meubles de sa cour. “Servez vous” nous a t-il dit. Nous sommes donc repartis avec deux gros fauteuil kakis, pour le moment assez poussiéreux, mais qui une fois passés à l’ammoniaque alcali par mes petites mains agiles seront du plus bel effet. Même si à force de récupérer des meubles dans la rue, le salon va certainement finir par ressembler à celui de la grand-mère Olga en 1932.
Cet été particulièrement chaud est pour le moment bien agréable. Pour une fois, je ne travaille pas, je n’ai pas de peine de cœur estivale, et rien à réviser car je suis diplômée. Soulagement, j’écris ton nom – dans le sable des criques de Pornic. J’ai été reprise hier d’une furieuse envie de dessiner, et c’est le stylo qui ce matin me démange. J’ai entassé quelques lectures au pied de mon lit, en prévision des heures chaudes. La nuit, lorsque les bars ferment, nous rentrons regarder des films, fenêtre ouverte sur la rue, chicha et thés à la menthe. Un jour sur deux, lorsque l’on arrive à émerger avant midi, nos fesses se posent dans l’herbe, et nous formons des ronds au centre desquels s’entassent les mets les plus délicieux (chips, saucisson, bière).
- Il fait décidément bon vivre sur les bords de la Loire.
Onlinetagebuch.
Écrire un mémoire a annihilé toute autre forme de créativité, seul est resté le verbe juridique. Les examens sont désormais terminés, la soutenance, dans quelques jours, mettra fin à cette année aussi importante qu’intéressante. Il faudra me lancer sur le marché impitoyable du travail. Honnêtement, je flippe très fort. Cette semaine est passée dans un éclair fulgurant, les soirées se sont enchainées à un rythme tel que je suis incapable de les distinguer les unes des autres. Le manque de sommeil et de calme rend tout cela très flou.
Ce matin est le premier matin où je me réveille seule depuis lundi dernier et c’est un tel bonheur ! Je ne sais pas dire non aux soirées, je ne sais pas me fixer de limite quand il s’agit de faire la fête, souvent par peur de manquer quelque chose (mais quoi finalement ?). Je bois plutôt moins que les autres, mais je me charge moi-même de responsabilités qui ne m’incombent pas réellement et je finis toujours par rentrer la dernière pour être sûre que mes protégés sont bien rentrés. Quelle ironie. Quelle bêtise. Quelle perte d’énergie.
Je veux retrouver mon moleskine rouge, mon critérium, mon appareil, mes balades et mes bouquins. Je veux dormir de vraies nuits, sans tout un tas de squatteurs dans mon appartement.
Mais ce soir c’est la fête de la musique, et je sais d’avance que je ne saurais pas m’en priver. Il ne me reste donc que quelques heures de calme pour tenter de faire sortir quelques lignes de ma plume. Au boulot !
Susan und Bette.
Si cela n’avait tenu qu’à moi, Susan aurait été à l’école avec Bette Porter, et non Beth Porter.
Schlechte Kopie.
Alors celui là, vraiment, c’était une plaie. Copie conforme, d’Abbas Kiarostami, superbe du point de vue de l’image, de la façon de filmer, des couleurs, du cadrage. Imbuvable par ailleurs. L’histoire, qui se déroule en Toscane, est celle d’une antiquaire française hystérique, qui emmène un écrivain anglais de passage passer l’après-midi à la campagne. Les deux entrent dans un jeu de rôle mari-femme, tout en dissertant sur l’Art et la notion d’originalité (ce qui aurait dû m’intéresser, vu que c’est précisément le sujet de mes études). Le film est véritablement exaspérant, j’étais avec deux amies et nous nous sommes retenues de ne pas quitter la salle, croyant toutes que les autres voulaient rester (ah si j’avais su !). Le jeu des acteurs est bon, mais les dialogues sont presque sans intérêt – on dirait un cours de philosophie de l’art pour premières années – et le côté “névrose assumée et mise en valeur” est excessivement énervant. Binoche n’est pas mal du tout dans ce rôle, pourtant. Dommage.
Arbeit macht frei.
L’année dernière, j’ai vu Belette (là, si tu me suis depuis longtemps, tu reprends le fil) rédiger son mémoire. Je l’ai vue bûcher matin midi et soir, je l’ai vu garder/perdre/garder le moral, je l’ai vue en chier comme jamais, croulant sous les bouquin, les arrêts, les notes et autres lectures. Je l’ai vu s’arracher les cheveux sur des questions assez éloignées de mes préoccupations de l’époque (la bière et la musique – c’était l’été) et finalement triompher de la difficulté et obtenir la meilleure note de sa promo. Un exemple à suivre. Aujourd’hui c’est moi qui suis dans cette situation parfois un peu ubuesque, tentant tant bien que mal de ne pas perdre le fil d’un raisonnement assez éloigné de mes préoccupations actuelles (la bière et la musique – c’est bientôt l’été). Mais la différence, c’est – ATTENTION SÉQUENCE ÉMOTION – que je ne suis pas seule devant mon écran. Je bosse en trinôme, avec deux filles en or, qui m’apportent H24 (on appelle ca “fusionner”) le soutien moral et affectif dont j’ai grandement besoin pour supporter ces heures à se crever les yeux à la lumière crue des pages Word. Trois filles, trois mémoires différents, une équipe qui gagne. Mieux, une équipe qui gagnera !
Pamela Hute - Don't help me
